Ce jour-là, ma sœur et moi étions en route vers la maison de nos parents. La musique jouait doucement, on parlait de nos projets du week-end… Rien ne laissait présager ce qui allait suivre.

Puis, soudain, au loin, une silhouette. Un homme, planté en plein milieu de la chaussée. Je freine brusquement ; la voiture s’arrête dans un léger crissement de pneus.

Il reste immobile. Dos tourné, il semble attendre… quelque chose. Il doit avoir autour de la trentaine. Un silence étrange s’installe dans l’habitacle.

Lentement, il se retourne. Son regard se fixe sur nous, et un sourire se dessine sur ses lèvres. Mais pas un sourire chaleureux. Non… c’est un sourire qui glace, un sourire qui cache quelque chose.

Mon premier réflexe est de verrouiller toutes les portes. Mon téléphone est déjà dans ma main, prêt à composer le numéro d’urgence. Lui, il avance. Lentement. Toujours les yeux dans les nôtres. La route est vide, le monde semble s’être arrêté.

Ma sœur murmure :
— Regarde… ce qu’il tient…

Je baisse les yeux, et mon souffle se coupe. Dans sa main, il tient… un sac à main de femme.

Arrivé à ma hauteur, il me fait signe d’ouvrir la vitre. Je reste immobile.
— J’ai trouvé ce sac, dit-il d’une voix calme. Il n’est pas à vous ?

— Mais… pourquoi ce serait à nous ? — souffle ma sœur, incrédule.

Je ne réponds pas. Mon pied appuie sur l’accélérateur, et la voiture bondit en avant. Nous ne nous retournons pas.

Depuis ce jour, je me répète : n’ayez jamais honte de vous méfier. On vit dans un monde où un sourire peut cacher bien pire que de mauvaises intentions.

Trop de questions restent sans réponse. Et, au fond, je préfère ne jamais connaître la vérité.

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