Je croyais que mon anniversaire serait un moment simple, joyeux, sincère. Quatorze ans, ce n’est pas un âge important pour tout le monde, mais pour moi, c’était l’occasion de rassembler les amis en qui j’avais le plus confiance.
J’avais choisi un café au coin de ma rue, un endroit calme où l’odeur du café chaud se mélangeait toujours à celle des viennoiseries fraîches. J’avais décoré la table d’un petit bouquet, d’un gâteau et de quelques ballons. Je voulais que tout soit parfait.
Les minutes ont commencé à s’écouler, et rien ne se passait. Une chaise vide après l’autre restait immobile. Le café ne comptait aucun autre client, ce qui rendait mon isolement encore plus visible.
Je fixais mon téléphone, persuadé qu’une excuse allait apparaître, un « j’arrive », un « désolé, je suis en retard ». Mais l’écran restait froid, silencieux.

Au bout d’une heure, j’ai quitté le café. Mon cœur pesait lourd, comme si quelqu’un l’écrasait. J’essayais de me convaincre que ce n’était qu’un malentendu, mais une boule d’angoisse me collait à la gorge. C’est en montant les escaliers de l’immeuble que j’ai reçu un message de Léa :
— « On… on n’a pas pu venir. Quelqu’un a dit que venir te voir aujourd’hui était dangereux. »
Dangereux ? Mon sang s’est figé.
Je l’ai appelée aussitôt. Elle parlait bas, nerveuse.
— « On a reçu des messages depuis ton numéro. Ils disaient que tu étais contaminé par une maladie grave. Que tu nous avais vus récemment et que nous devions nous isoler.
Et puis… on a reçu un vocal. Il disait que tu nous en voulais tous. Que tu voulais qu’on ne vienne surtout pas. »
Ma respiration s’est accélérée. Je n’avais rien envoyé.
En arrivant chez moi, j’ai vu mon ordinateur allumé. La fenêtre du messager affichait une liste interminable de messages que je n’avais jamais écrits. Le vocal y était aussi. Ma voix. Ou du moins… quelque chose qui imitait ma voix à la perfection.

Soudain, un nouveau message est apparu, comme si quelqu’un observait ma réaction en temps réel.
Profil sans nom. Sans photo. Juste un cercle noir.
« Maintenant, tu comprends. Je veux juste que tu sois à moi pour aujourd’hui. Juste toi et moi. »
Un frisson glacial m’a traversé.
Je n’étais plus seulement un adolescent déçu.
J’étais devenu la cible de quelqu’un qui me surveillait, connaissait mes habitudes, et avait manipulé mes amis pour m’isoler.
Et le pire, c’est que je ne savais pas s’il était déjà entré dans ma vie…
ou s’il se trouvait juste derrière moi.