Ce matin-là, encore dans l’obscurité de l’aube, elle sortit dans la cour. La neige lui arrivait aux genoux et le ciel était gris comme de l’étain
. L’air était vif et chargé de l’odeur du bois brûlé. Marfa s’agenouilla, ramassa un fagot, l’attacha et le porta avec précaution. Le bois était lourd mais réconfortant, promettant la chaleur du feu à l’intérieur.

À ses côtés, le chien Roux bougeait avec énergie. Grand et au pelage roux brillant, il avait trouvé Marfa quelques années auparavant et ne l’avait jamais quittée.
Toujours fidèle, il la suivait partout : dans le jardin, près de la maison, et pendant les longues soirées silencieuses.
Aujourd’hui, un petit tas de bois reposait sur son dos, soigneusement placé, comme s’il comprenait l’importance de sa mission.
— Allez, mon fidèle ami, on y va ? — dit doucement Marfa.
Roux aboya et s’avança en tête, laissant ses empreintes dans la neige fraîche. Il jetait des coups d’œil derrière lui pour s’assurer que Marfa suivait.
Parfois, elle sentait qu’il comprenait ses pensées : lorsqu’elle ralentissait, il ralentissait aussi.
Le chemin jusqu’à la maison était court mais ardu. La neige voulait la faire tomber, le vent piquait ses joues et ses articulations douloureuses lui rappelaient ses années.

Pourtant, elle souriait. À ses côtés marchait un compagnon fidèle qui portait non seulement le bois mais aussi la chaleur de la compagnie et de la sécurité.
Arrivée au seuil, Roux s’arrêta et attendit que Marfa dépose le bois. Puis il secoua son pelage, dispersant des flocons de neige et plongea ses yeux dans les siens. Dans ce regard, il y avait la loyauté, l’amour et le bonheur simple d’aider.
Le feu crépita bientôt dans la cheminée, remplissant la maison d’une lumière chaude. Marfa retira ses gants, caressa son ami et murmura un merci — pas pour le bois, mais pour sa présence constante, chaque hiver et chaque jour.
Parfois, le plus grand réconfort ne vient pas du feu ou des arbres, mais de ceux qui sont à vos côtés, fidèlement et avec amour.